Intervention de Jean-Louis Beffa au colloque inaugural du SYNNOV

Pour son colloque inaugural SYNNOV a eu le plaisir et l’honneur de recevoir Jean-Louis Beffa, ancien président emblématique du groupe Saint-Gobain, qui a partagé avec nous son regard sur l’innovation technologique dans le monde.

Compte rendu colloque inaugural – Jean-Louis Beffa

Polytechnicien du Corps des mines, Jean-Louis Beffa a été le PDG de Saint-Gobain de 1985 à juin 2007. Après avoir été l’un des plus jeunes dirigeants de sociétés du CAC 40, il en a été l’un des plus âgés. Il reste aujourd’hui président du conseil d’administration de Saint-Gobain. Personnalité reconnue et respectée du monde des affaires et de la haute industrie mais aussi de l’économie politique, sa pensée claire souvent visionnaire est écoutée par tous les acteurs de la vie économique en France et à l’étranger.
Intervention de Jean-Louis Beffa au colloque inaugural de SYNNOV
Pour son colloque inaugural SYNNOV a eu le plaisir et l’honneur de recevoir Jean-Louis Beffa, ancien président emblématique du groupe Saint-Gobain, qui a partagé avec nous son regard sur l’innovation technologique dans le monde. Jean-Louis Beffa fait part de ses réflexions concernant les démarches d’innovation technologique sur 3 zones principales : Asie, Europe occidentale et Etats-Unis et les choix d’ordre économico-politique associés.
D’une façon générale Jean-Louis Beffa distingue 3 approches :

Une approche non programmatique, marquée par une improvisation systématique, principalement gouvernée par la forte concurrence entre universités et instituts de recherche. Les relais positifs à une telle approche étant une économie très ouverte à la nouveauté et un marché intérieur à l’échelle d’un continent. Cette approche serait, selon lui, essentiellement celle des Etats-Unis, et favorise l’éclosion de PME ou de TPME en grandes entreprises voire en géants (Apple, Google, Microsoft …).

Une approche programmatique, dirigée ou non, mais dans un esprit de système, consistant à favoriser des programmes de recherche thématiques évoluant dans leur propre registre de qualification jusqu’à ce que l’Etat, dans ses choix stratégiques, intervienne pour orienter telle ou telle recherche au profit d’un ou plusieurs plans de développement d’intérêt national : création du CEA à la fin de la guerre et développement de la filière nucléaire, avions supersoniques, minitel (à la veille de l’explosion d’Internet !), Arianespace … .

Cette approche serait plutôt celle de la France partagée ponctuellement avec d’autres pays sur des programmes ciblés : Airbus, Ariane, Concorde … Dans cette approche le rôle des PME innovante est mineure voire ignorée.
• Une approche mercantiliste : Jean-Louis Beffa distingue 2 pays porteurs de cette culture : l’Allemagne et le Japon.
L’Allemagne pratiquant une innovation d’amélioration constante au travers de son fort tissu de PME familiales à vocation exportatrice, poursuivant une tradition initiée au temps des « Gründerjahre » sous Bismarck. Le Japon, quant à lui, bénéficiant de subventions d’Etat massives principalement allouées aux grands conglomérats, à charge pour eux de pratiquer une innovation continue au service de l’Economie intérieure et au bénéfice d’une production locale.
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