Blockchain : retour sur le 23ème rendez-vous de l’innovation

Compte rendu du 23ème rendez-vous de l’innovation

Bernard HODAC, Président du Groupe OSMOS et du SYNNOV, Syndicat de l’Innovation.

La Blockchain est un monde parallèle qui a de nombreuses ramifications avec le monde réel et qui donne l’image d’un monde qui se construit sur lui-même de manière intrigante, ne serait-ce que par le champ lexical qui lui est attribué : souterrains, mineurs… Que sortira-t-il de ces fouilles profondes ? L’avenir, tout simplement.

 

Serge Soudoplatoff souligne le caractère « fashion » de ce sujet dans un contexte de révolution numérique globale, dans un monde chaotique où nos journées sont rythmées par un nombre infini d’interactions de toutes sortes.

 

L’enjeu : comment atteindre une plus grande sérénité dans ce monde informationnel fébrile ? Notre corps est un parfait modèle en matière d’interactions et de circulation des informations. On peut s’en inspirer pour essayer de comprendre comment procéder pour que l’information circule correctement ?

 

Crise de confiance

Les organisations hiérarchiques, en silo, ne fonctionnant plus, nous assistons à un changement de paradigme en matière de communication. Dans le monde transactionnel, le constat est le même. Avant, nous avions besoin d’un tiers de confiance. Aujourd’hui nous n’en voulons plus car nous vivons une crise de confiance envers nos institutions.

Pour maintenir la confiance dans un écosystème, il faut de l’énergie et que cette énergie vienne de l’intérieur. La Blockchain résout ce problème de confiance car elle la redistribue.

 

La promesse : Un consensus distribué et un système transactionnel, garanti par une communauté, sans tiers de confiance, opérant des protocoles complexes.

 

Les ingrédients :

  • Des chaînes signées infalsifiables.
  • Des clés publiques et privées.
  • Un protocole de distribution en P2P.
  • Une communication non manipulable.
  • Un protocole de certification de consensus.

Bitcoin est l’un des usages de la Blockchain qui est en fait une forme d’exaptation. « Les puissants » ont d’ailleurs compris que la Blockchain portait en elle la faculté de disrupter leur rôle. Il existe aujourd’hui un risque réel de schisme entre les citoyens et le pouvoir ainsi qu’ une réelle aspiration à une nouvelle forme de démocratie, plus « liquide ».

 

Internet – Blockchain

Internet était une machine à copier de l’info. Pour la Blockchain il ne s’agit pas d’informations, il s’agit de transactions. Il faut se remettre dans le contexte de naissance de la Blockchain, en 2008, en dehors de toute autorisation, de toute gouvernance, de toute permission. On était alors hors champs d’une organisation pyramidale à l’ancienne, ce qui n’était pas le cas pour internet.

Depuis 2011, il s’est développé environ 300 familles de brevets, dont 50% sont d’origine américaine. On recense à peu près 90 brevets chinois. Les principaux acteurs dans le monde sont EITC, Dell Master Card ou IBM. En France, l’intensité des dépôts est assez faible. Pour les acteurs français, l’enjeu aujourd’hui est de ne pas décrocher du peloton de tête mais de ne pas non plus céder à la fébrilité. Le mieux sans doute pour les acteurs français, serait de raisonner en « entreprise étendue » en s’appuyant autour d’un second cercle de start-up et en menant une réflexion stratégique pour déterminer de manière sereine, si les caractéristiques « potentiellement brevetables » méritent de l’être.

 

Europe, USA, Asie

Nous assistons par ailleurs aujourd’hui à une véritable course entre l’Asie et les Etats-Unis, mais la Blockchain doit absolument rester un sujet Européen. Il faudrait injecter 500 millions d’Euros dans la Recherche et 500 millions dans du Capital Risque. Au lieu, par ailleurs, d’attendre un consensus Franco-Allemand sur ce sujet, comme pour beaucoup d’autres, nous pourrions prendre exemple sur l’Estonie, très en avance sur nous.

 

Le constat : il n’existe tout simplement pas assez d’investisseurs en France pour cette activité pourtant structurante pour l’avenir.

 

Les limites de la Blockchain

Le côté déflationniste du Bitcoin peut être considéré comme un sujet (21millions de Bitcoins maximum peuvent être émis), a contrario des inquiétudes sur la sécurité de la Blockchain qui n’en est pas vraiment un. Pour trois raisons :

  • Son architecture même est sécurisée car l’ensemble du code est Open Source ainsi que son évolution qui se fait aussi, elle aussi, en Open Source.
  • Sa sécurisation cryptographique est exponentielle. Une transaction qui a plus d’1h est totalement infalsifiable car les cycles de validation sont très rapides (environ 10 min.).
  • Et enfin, ce qui est fondamental, c’est de rappeler que jusqu’à aujourd’hui, après 8 années d’existence, son architecture n’a donc jamais été compromise. Si enjeux de sécurité il y a, ils sont donc périphériques, notamment dans la conservation et la protection des clés privées.

 

 

Un grand merci à nos intervenants de grande qualité :

  • Serge SOUDOPLATOFF, Expert de l’Internet, Cofondateur de Sooyoos et Scanderia.
  • Philippe DEWOST, Directeur adjoint de la Mission Programme d’Investissements d’Avenir, en charge du numérique à la Caisse Des Dépôts et co-pilote de l’initiative LaBChain.
  • Nadia Filali, Directrice du Programme Blockchain à la Caisse Des Dépôts.
  • Pierre Breesé, Président de IP TRUST.

Animation : Fadwa Sube, Présidente d’Optiva Capital et Vice Présidente du SYNNOV.

 

 

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